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La contemplation comme acte de Vie

  • Photo du rédacteur: Eloïse
    Eloïse
  • 15 mars
  • 3 min de lecture

Depuis quelques années maintenant, j'ai remarqué ma propension à observer pendant de longs moments - plusieurs heures parfois - une seule et même chose. J'ai conscientisé mes premiers temps longs d'observation lors de séjours en Bretagne. Je rentrais dans ma famille lors des vacances scolaires alors que j'étais étudiante en danse à Toulouse. J'éprouvais toujours un immense bonheur à l'idée de retrouver l'océan, l'espace, l'air marin qui me manquaient tant en ville.


Seule, je me rendais sur la côte, je m'asseyais face à l'océan et je ne bougeais plus. Je regardais, je voulais voir le plus possible, m'imprégner pleinement. Je désirais plus que tout me sentir vivre le moment, de peur de regretter une fois de retour dans mon studio d'étudiante. J'attendais tellement ces retrouvailles, je me devais d'être totalement présente. Une fois arrivée sur les rochers, une pression, un stress arrivait parfois. Mais les minutes s'écoulant, mon corps se déposant dans l'espace et le calme alentour dissipait cette tension. J'étais juste bien. J'avais apporté de quoi lire ou écrire mais mon cerveau ne pouvait se soustraire au mouvement des vagues. Je ne sentais pas le froid, même en plein décembre. Seule l'heure qui avançait m'arrachait à la contemplation malgré la résistance que tout mon être opposait.


J'ai par la suite retrouvé cet état devant des tableaux, et bien sûr, en nature en Auvergne.

Il y a quelques jours encore, je me retrouvais assise en bord de rivière à suivre son flot. Lever le regard et contempler la cime des arbres chatouillant les nuages. Me taire, l'espace sonore occupé seulement par la nature, puis entendre mon souffle. Mon mental vagabonde ici et là, je laisse faire. Il finit par s'apparenter à quelques chuchotements de moins en moins nombreux.

Je ne fais rien. Je suis là, je sens mon corps sans omniprésence, je me sens de plus en plus intégrée au lieu. Cet état, précédé de l'intention de présence, est celui que je retrouve sur le tapis entre deux pratiques. Ce non-faire, ce laisser-faire. Sur le tapis, la contemplation est intérieure. Au bord de la rivière, elle s'ouvre.


Et jusqu'ici, c'est lors de ces instants que la sensation d'être vivante m'a vraiment habitée. Parce que la place est faite à la vie. Elle peut s'exprimer, elle n'est plus étouffée sous l'activité, les choses à faire, le bruit, la production. Contempler, c'est prendre la décision de s'arrêter. De se déposer, de choisir d'utiliser son temps pour être, pour regarder. L'on peut alors se rendre réellement compte de la vie et de son mouvement, discret pour beaucoup d'entre nous mais jamais interrompu. L'on prend connaissance, l'on notifie ce qui nous entoure chaque jour sans que l'on n'y prête attention.

Voir, de tout son être, l'arbre, le nuage, le bleu du ciel, le brin d'herbe, l'eau du ruisseau. Entendre chaque son, jusqu'à son propre souffle. Faire parti, sentir les mouvements internes similaires au flot externe.


Pourquoi sommes-nous vivants ? Quel est le but de nos existences ? Y en a t-il un ?

Avant de trouver une réponse à ces questions, si j'en trouve une un jour, je sais une chose : Aujourd'hui, je suis ici, dans ce monde. Maintenant, physiquement. La vie coule en moi comme coule la rivière et le sentir m'offre la sensation sublime d'être intégrée, ici, maintenant. Mon mental fusionne avec mon corps pour le plus grand bonheur de mon système nerveux. Ce que je sais aussi, c'est que mon corps est éphémère. Le jour arrivera où je n'aurai plus accès à cette beauté, la vie se retirera de mon corps.

Ma nature vivante est révélé par la contemplation.



 
 
 

2 commentaires


Catherine
16 mars

Merci j' ai 70 ans et j apprends seulement à me poser dans mon corps parce que je suis d une génération où on culpabilisait de s arrêter de s assoir mais quel bonheur d apprendre Eloïse merci parce que je me sens plus calme à l' intérieur et je te dis pas mon corps....

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Eloïse
Eloïse
16 mars
En réponse à

Merci beaucoup Catherine pour ton message ! Je te rejoins totalement, l'action est beaucoup plus valorisée tandis que le temps de pause n'est pas tellement encouragé... Heureuse de lire que le calme s'invite chez toi :)

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