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Se souvenir de sa juste place sous les étoiles

  • Photo du rédacteur: Eloïse
    Eloïse
  • 31 juil.
  • 3 min de lecture

Un soir, début juillet, j'allais rejoindre mon amoureux qui arrosait les plantes dans le jardin. Je me suis assise face à la vue que j'ai sur les monts auvergnats et puis, à force de discuter avec mon amoureux, la nuit est tombée.

Elle est arrivée d'une manière si douce que les étoiles se révélaient presque l'une après l'autre. Une fois l'arrosage terminé, Monsieur m'a rejoint et nous sommes restés assis à contempler la voie lactée pendant plusieurs heures. Dans notre village, nous avons la chance que l'éclairage public s'éteigne à 23h, c'était encore plus sublime. On ne voyait pas la lune ce soir-là, seulement les étoiles, et j'aurai pu y passer la nuit.

L'espace, l'infiniment grand m'a toujours fasciné sans en avoir beaucoup de connaissances. A mesure que je posais des questions à Monsieur, bien plus calé que moi sur le sujet, j'étais d'autant plus impressionnée.


Contempler l'immensité me fait sentir à quel point je suis petite et me ramène à ma condition de simple être humain. Et je crois que c'est l'une des méthodes les plus efficace que j'ai expérimentées pour relativiser.

Je crois que, malgré toutes les pratiques que nous puissions faire pour sortir de l'ego, nous restons le centre de nos vies. Il en va de notre survie et c'est d'ailleurs la première fonction de l'ego. Et il est très facile de se laisser absorber par notre ego, par le mental, par nos besoins, par notre recherche de plaisir permanent...

On vit la plupart du temps avec une vision à échelle personnelle. Nous sommes en permanence occupés ou préoccupés par nos tâches quotidiennes qui ne s'arrêtent jamais.

Personnellement, malgré ma pratique du yoga, de la méditation qui me permet (par moments très succincts) un certain recul, je reste in fine focusée sur ma personne.


Le temps sous les étoiles a été une belle piqure de rappel : je ne suis qu'un grain de sable dans cet univers. La vie déroule son fil, je poursuis mes quêtes et je ne me rend pas compte d'à quel point je suis absorbée à l'intérieur de moi-même.

Ma vie n'est pas insignifiante pour autant et je ne vais pas abandonner mes quêtes personnelles. Etre sous les étoiles me procure plutôt la sensation d'un replacement des choses. Mon mental, mon ego se calment un peu, je ressens moins d'inquiétude pour ma propre personne. Peut-être que je retrouve une place plus juste dans l'univers. Je suis le centre de mon monde mais je suis aussi intégrée au Grand Tout dans lequel je suis minuscule.

Bien entendu, tout cela ne dure pas et dès que je reprend une quelconque activité, je ne ressens plus cette intégration. Je retrouve mon mental en pleine forme et je gère mes émotions cahin-caha.


Mais ce soir de juillet, la sensation physique de retrouver ma petite place sous la grandeur de la voie lactée avait été si forte qu'elle a laissé des traces en moi. Le souvenir est encore vif et je le vis parfois comme un soulagement. La pression se relâche un peu, je relativise. Je me sens même rassurée d'avoir trouvé cette ressource qu'est la contemplation du ciel.


Cette expérience m'a également amené dans le concret d'un des enseignements majeurs de la Bhagavad-Gita : Agir sans attendre de récolter les fruits de nos actions. Faire ce qui doit être fait sans tenir compte du résultat.

J'adhère totalement à cette philosophie mais j'ai de grandes peines à la mettre en place concrètement dans mon quotidien. Cela oblige à se demander pourquoi nous faisons les choses. Cela nous responsabilise aussi.

Et retrouver une place plus juste sous les étoiles aide à relativiser mais responsabilise aussi : mes actes, si petits soient-ils, comportent des conséquences. Quelle est ma contribution à cet univers ?

La recherche de plaisir permanente et de satisfaction de l'ego perd un peu de son importance tandis que les étoiles ouvrent une voie plus large...

 
 
 

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